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CABANE

  • Lionel Bègue

Danse   

 

Résidence

  • 20/06/2021 → 30/06/2021
 
  
  

La CABANE est pour moi une métaphore de la fratrie.    C’est une œuvre collective mouvante, un espace de jeu et de possible.   Cette pièce parle d’intimité, de lien, de la place de chacun.  La tribu se défait, se reconstruit sans cesse.   On se jauge, se démarque, s’apprivoise.  On s’isole du groupe, on se rassemble dans une vibration collective.  Sur une musique pulsée, les corps vont sans cesse être amenés à se transformer et à se dépasser ensemble. Lionel Bègue

PROPOS

La cabane est une habitation faite de branchages liée aux jeux de notre enfance. Lieu de protection, de refuge, elle est aussi l’imitation parfois involontaire du foyer familial, quelquefois poussée jusqu’à la caricature, la parodie. C’est une sorte de contrefaçon. C’est un espace d’évasion totale et d’imagination débordante où l’on peut être quelqu’un d’autre et se réinventer en permanence. Œuvre collective, elle se construit et se déconstruit à l’envie. On l’abandonne, on la redécouvre tel un trésor, vestige de notre enfance. Construire une cabane, c’est un point de départ à la découverte du monde qui nous entoure pour y trouversa place. C’est un souvenir marquant : le vent qui souffle sur mon enfance. Partenaire de mes jeux, prolongement de mes super-pouvoirs ou adversaire absolu qui semble terrasser ma cabane et moi avec. Le vent, c’est la toute-puissance de la nature, celle qui impose le huis clos familial lors d’un cyclone, qui balaye tout sur son passage.

Parler de fratrie convoque l’effet de miroir. C’est une microsociété, avec ses codes, ses règles, ses obligations. Il faut y trouver sa place, en rêver une autre. C’est le lieu de la confrontation, de l’affirmation. Pourquoi certains prennent-ils une place de leader, dominent-ils les autres ? Pourquoi certains subissent-ils plus la fratrie ? Pourquoi certains ont du mal à s’en éloigner, à voler de leurs propres ailes, à exister en dehors d’elle ? En langage familier « être en cabane » signifie la prison et par extension la perte de liberté. En prolongement : est-ce que la famille, la fratrie sont synonymes de perte de liberté ? Comment marquer sa différence tout en restant lié aux autres, malgré nous ? Être soi tout en faisant partie d’un groupe ? Qu’est-ce qui nous différencie ?

Cette pièce parle de transmission et de coexistence. Je souhaite questionner la notion de communauté. Cette fratrie découvre son propre mode de fonctionnement, sa motricité, c’est une mécanique interdépendante. Les quatre danseurs seront toujours présents (sur le/ au) plateau. Le mouvement de chacun implique le groupe. Je veux que l’on soit témoin de leur rencontre, de l’élaboration de leur langage commun, de sa mise en pratique. Ils trouvent ainsi leur manière d’être ensemble et au monde. Ce langage corporel, durant toute la pièce, n’aura de cesse de se déconstruire et de se reconstruire, comme le mouvement perpétuel d’un tricot familial où chacun grandit, avec ou contre les autres mais toujours ensemble…

Par ricochet, on récupère l’état de corps qui a changé chez l’autre et il nous change aussi progressivement. L’un des danseurs se déplace d’une manière étrange aux yeux des autres. Bientôt ils sont deux à se mouvoir ainsi et déjà tous bougent de la même façon. Mais chacun est traversé par des expériences singulières qui changent sa façon d’être, de se bouger et, dans cette mécanique, qui changent aussi le groupe. Cela entraîne des frictions, des rejets. La majorité isole parfois l’un d’eux dans sa singularité. On glisse alors d’une vibration individuelle à une vibration collective par contagion. Sur la durée, les couches de langages s’additionnent et le public se laissera happer par cette danse collégiale de plus en plus riche qui n’appartient qu’à eux.

 

BIO

LIONEL BÈGUE – Chorégraphe

Né en 1983, Lionel Bègue se forme aux approches pédagogiques et expérimentales proposées par le CNR de La Réunion (1989 / 2000) et le CNSMD de Lyon (2001 / 2004). Sa rencontre avec Odile Duboc marque le début de son activité professionnelle. Depuis, il travaille avec différents chorégraphes tels que Gilles Baron, Pascal Montrouge, Manon Avram, Philippe Jamet. Les collaborations durables avec Cyril Viallon (Compagnie Les Caryatides), Sylvain Groud, François Raffinot (il intègre le SNARC en 2009), Samuel Mathieu ou La Cavale (Éric Fessenmeyer / Julie Coutant), lui ouvrent des espaces réflexifs où il peut se positionner, écrire, questionner. Ses moteurs créatifs s’affirment ; la motricité, la transformation… Il assiste régulièrement les chorégraphes dont il est l’interprète, Guerre pour Samuel Mathieu, Oscillaré pour La Cavale. Suite à la création du spectacle Le Dragon d’or mis en scène par Aude Denis, où il est comédien et chorégraphe, il se voit proposer un contrat de production déléguée par la Scène nationale de Dunkerque d’où est sorti le solo La Fuite en 2019.

 

THOMAS DEMAY – Danseur interprète
Né en 1987, Thomas Demay se forme à EPSEdanse de Montpellier puis au CNSMD de Lyon entre 2008 et 2012. En 2011, il rejoint la Compagnie Ando de Davy Brun et la Cie Samuel Mathieu de 2012 à 2014. Il travaille également avec les chorégraphes David Hernandez et Yan Raballand. De 2016 à 2019, il collabore aux projets de la Compagnie Kerman-Sébastien Ly. Thomas tourne actuellement le spectacle The Falling Stardust de Amala Dianor. En parallèle de sa carrière de danseur interprète, Thomas cofonde le collectif A/R en 2012 avec Julia Moncla et Paul Changarnier. Ensemble, ils imaginent des spectacles et des performances qui, au plateau, dans l’espace public ou in situ, mettent en avant le désir d’associer la musique live et la danse contemporaine.


STEVEN HERVOUET – Danseur interprète
Originaire de Nantes, Steven Hervouet se forme au CNSM de Paris. Il intègre ensuite le Junior Ballet en 2012 (E.Russo /S. Tuizer, H. Shechter, C. Morganti, T.Brown). Il prend part aux projets de Cécile Loyer, Arthur Perole, Olivier Dubois et Thierry Micouin. Plus récemment, il collabore avec Louis Barreau, Thomas Chopin et Jean-Christophe Boclé. Parallèlement, il développe un travail chorégraphique et plastique avec Pauline Bigot pour la Cie AmieAmi.

 

BAPTISTE MÉNARD – Danseur interprète
Il étudie au Conservatoire de Nantes, puis au CNSMD de Lyon. Il intègre ensuite la Cie Instabili et la Cie La Vouivre. En 2017, il rejoint Yvan Perez pour la pièce Island puis Christian Rizzo pour D’à côté. Il travaille avec Yan Raballand pour les créations Flux et 14 Duos d’Amours et participe à plusieurs projets d’Yves Noël Genod. Il collabore avec le Collective/Less pour Mémoire d’un oubli. Il intègre la Cie de Christian Ubl pour La 5ème Saison et le projet du Collectif Nokt, Halt, en 2020. Il danse pour la Cie Play de Michèle Murray dans Wilder Shores et Quartet.

 

JOAN VERCOUTERE – Danseur interprète

Originaire de Grenoble, Joan Vercoutere se forme au sein de L’Album Cie, avant d’intégrer le CNSMD de Lyon. Il participe ensuite aux principaux projets de la compagnie Didier Theron pendant six ans. En parallèle, il travaille avec Gaetano Battezzato, Delphine Pouilly, Davy Brun, Edmond Russo et Shlomi Tuizer. En 2014, il rejoint pour deux créations Andonis Foniadakis, puis entame une collaboration avec Nans Martin. En 2016, il est invité à chorégraphier un solo pour l’opéra Les Eléments, mis en scène par Edouard Signolet. Avec Cécile Laloy, il crée Duo en 2017 et IE, Famille, en 2020 puis retrouve le Collectif Ès sur Fiasco.

Distribution

Chorégraphe : Lionel bègue
Danseur interprète : Thomas Demay, Steven Hervouet, Baptiste Ménard et Joan Vercoutere.
Regard dramaturgique : Aude Denis
Création lumière : Annie Leuridan
Création musicale : Benjamin Collier

 

Production déléguée : Le Bateau Feu – Scène nationale Dunkerque
Coproduction : Le Dôme Théâtre – Albertville, La Manufacture CDCN Nouvelle Aquitaine Bordeaux • La Rochelle, La Plateforme – Cie Samuel Mathieu Toulouse
Avec le soutien du Gymnase CDCN – Roubaix | Hauts-de-France
Accueil résidence : RING – scène périphérique de Toulouse, La Coloc’de la Culture – Cournon d’Auvergne

©FREE PIK
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