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CALQUE !

Hypermature

Performance    Théâtre   

 

Résidence

  • 12/09/2022 → 18/09/2022
 
  
  

Calque !, c’est une forme à inventer. Notre amusement à nous est guidé par notre titre : calquer le film Deux fois, de Jackie Raynal. Plus jeune chef monteuse du cinéma français, elle est saluée pour son film par la critique féministe New-Yorkaise des années 70 pour le vocabulaire cinématographique qu’elle invente pour parler de l'obscène des violences conjugales. Le but est de prolonger son geste artistique par l’expérimentation des jeux formels entre théâtre et cinéma. Sur scène, David et Margaux rejouent des séquences et interviennent sur le montage, l’une essaye de draguer un des acteurs pour qu'il lui parle, l’autre tente de s'introduire dans une scène… Ce film, parce qu'il est expérimental doit être accompagné de manière ludique. On a oublié que le cinéma expérimental est drôle : comment sortir du dégoût, de l'ennui, et de la vexation dans nos préjugés sur l'art contemporain et le cinéma expérimental ?

Propos

Ce spectacle s’inscrit dans un triptyque du metteur en scène sur « la mise en scène de soi ». Ce triptyque s’achève ici, sur la mise en scène de soi par le film : Deux fois de Jackie Raynal (1968). Ce film conservé dans les collections de La Cinémathèque de Toulouse car sa réalisatrice est originaire d’Occitanie, a sans doute fait  plusieurs tours du monde, pour des projections dans des musées d’art contemporains (au Centre Pompidou notamment) ou des festivals de films. Il est un témoignage de la jeunesse de mai 68, et des expérimentations cinématographiques à la suite de la nouvelle vague.

J’ai découvert une artiste cinéaste qui est devenue un modèle d’expérimentation. Jackie Raynal m’a touché à l’écran, puis dans sa cuisine, devant mon dictaphone. Elle m’a régalé au musée d’Orsay devant ma caméra. 

Au premier visionnage de son film j’étais énervé, du type : « Pourquoi je n’avais jamais vu ce film ? Pourquoi je ne connais pas ce cinéma ? » De naïf, j’ai ouvert ma cinéphilie à ce champ-là, Jackie Raynal m’a déplacé. Depuis un an, je vis dans les plis de son film. À ce jour, je l’ai vu et montré une trentaine de fois. C’est devenu un exercice de quiétude qui a remplacé mon yoga. Pour ce projet, Jackie nous a laissé son film comme terrain de jeu. On a l’occasion de prolonger son geste. Elle, elle rouspète parce qu’elle ne veut pas qu’on « l’enterre » mais elle nous aime bien je crois. 

Quel est son geste dont je parle ? Elle fut la plus jeune cheffe monteuse française, avec Deux fois elle débute la réalisation. Elle prend onze jours pour faire un film à Barcelone à trois personnes. Jouer dedans, se mettre en scène, et choisir le premier inconnu pour vivre une histoire d’amour avec lui. Et bien sûr tricher, parce que le bel inconnu est beaucoup trop beau pour avoir été choisi au hasard. 

On partira de cela : se mettre en scène, l’image de soi qui se promène à Barcelone et s’ouvrir à l’autre. On jouera de la mémoire d’une artiste, d’une époque, de notre patrimoine et de ce déplacement qu’elle commet pour parler d’amour, se filmer et questionner nos autres et nos cinémas.

Démarche de la compagnie

Transformation du groupe amour amour amour, fondé en 2011, Hyper mature a surgit : parce que vraiment on a changé, on est devenu hyper mature. Toujours autour des textes et des mises en scène de David Malan, et de manière hyper mature, nous continuer de chercher des aller-retours ludiques entre réel et fiction.
Nous finissons une trilogie sur la mise en scène de soi, par l’intermédiaire d’un jeu entre sociologie et art. Question de départ : Comment l’individu rêvasse par la fiction ? Réponse 1/ Notamment par la romance (Camille, 2018). Réponse 2/ Souvent par le voyage (La Fonte de K, 2021). Réponse 3/ Efficacement par le cinéma (Calque !, 2022).
En 2022, les collaborations et les expérimentations sont foisonnantes, voici dans quoi nous nous lançons :
Calque ! à partir d’un film de mai 68 et de sa réalisatrice Jackie Raynal, avec la Cinémathèque de Toulouse à la suite d’une résidence d’artiste DRAC Occitanie avec La Mounière, maison des mémoires de Septfonds (82).
La reprise du spectacle Tentative de remplacement d’une actrice par le public, une mise en scène de lecture participative pour s’amuser à parler d’amour, de romantisme sur le ton : « Et toi comment ça va ton ex ? ».
« Ta gueule chacal » ou « Bonjour petit chat », des actions de médiations théâtrales sur l’égalité filles garçons dans les lycées, pour convaincre les élèves de préférer l’une de ces expressions (ateliers en lien avec les créations en cours de la compagnie).
Avec la Cie Celui qui dit qui est, nous créons (mais ça, c’est une surprise), un « Intervilles débile », Olymplouf, en juillet 2022 dans le cadre de l’Été culturel de la DRAC, lequel se poursuivra par des ateliers, projections et expositions jusqu’au printemps 2022 dans le cadre de la création du docu-fiction Le goût du faux de Celui qui dit qui est, et avec l’appel à projet Toulouse/Toulouse Métropole « Mémoires des quartiers, histoires en mouvement ».
En novembre 2022 – mais chut ! Cela n’est pas conclu – nous montons un projet international sur les corps manifestants suite aux émeutes à Cali (Colombie) de 2021.
Fier de ce nouveau départ, rechargé de fraîcheur, nous continuons de chercher des endroits radieux pour enchanter des bouts de réel par le théâtre.

Bio(s)

DAVID MALAN
Fondateur, auteur, metteur en scène, comédien de l’association METI depuis 2016. Il porte les projets des productions Hyper mature, anciennement groupe amour amour amour. Parallèlement, il a travaillé avec Alain Béhar, Sylvain Huc, Mark Tompkins et Christophe Bergon. Il possède deux masters en sociologie et en études théâtrales, à l’université de Toulouse où il a suivi trois années de formation d’acteur au groupe Envers Théâtre, au Ring, et au Hangar.

 

MARGAUX BOREL
C’est en 2009, au Brésil, qu’elle fait ses premiers pas en tant que comédienne où elle poursuit ses études à l’Université de São Paulo. À son retour en France en 2012, elle intègre la promotion Dimitris Dimitriadis du Théâtre des Ateliers puis le conservatoire de Marseille. Elle travaille ensuite pour différentes compagnies aixoises et marseillaises jusqu’à rencontrer en 2018, la Compagnie des Limbes puis en 2021, le metteur en scène David Malan. Parallèlement à ces collaborations, elle s’intéresse au langage poétique et à la mise en scène des textes de la poétesse portugaise Florbela Espanca et plus récemment du poème Ode Maritime de Fernando Pessoa avec la Compagnie Accidens

 

ARTUR CANILLAS
Artur se forme aux métiers de la lumière via le Théâtre National de Toulouse où il est apprenti pendant deux saisons, en alternance avec le CFA de Lyon et l’ENSATT. À sa sortie d’école en 2015, il s’associe à plusieurs projets et compagnies de théâtre et danse contemporaine, parmi lesquels Ma Vie Je T’Aimerais (trop), conception Camille Lopez, cie Route66, créé au Mans en septembre 2017, dont il crée la lumière. Il entre également au service lumière du Festival d’Avignon à partir de juillet 2016, dans la Volante. Il a ou œuvre encore pour, entre autres, les cie MégaSuperThéâtre, La Résolue, le Club Dramatique, La Canine, le Collectif X, en régie et/ou création lumière.

Distribution

Distribution :
Film de Jackie Raynal
Mise en scène et textes de David Malan
Interprétation : Margaux Borel et David Malan
Sur une idée originale de Juliana Béjaud
Régie : Artur Canillas
Montage vidéo : Enrico Clarelli et Adrien Machado
Costumes : Marieckou Tissu et Michèle Cramont
Accessoires : Benoît Prunier
Stagiaire dramaturgie : Eva Kirsch

 

Soutiens : DRAC Occitanie, La Cinémathèque de Toulouse, Mairie de Septfonds, La Mounière – Maison des Mémoires de Septfonds, Le CIAM – Université Toulouse 2 Jean Jaurès, RING – Scène périphérique

©Michèle Cramont ©Jackie Raynal
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