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EXPÉRIMENTATION KARAMAZOV(S)

Un homme s'énerve

  • Sophie Adoue

Théâtre   

 

Résidence

  • 09/11/2020 → 20/11/2020
 
  
  

« Moi, sur le coup, ces petits yeux innocents, ç'a été sur toute mon âme, un coup de rasoir. » Skotoprigonievsk, petite ville de province russe, près du lac Ilmen, 1865- 1866. Là, entre ses trois fils légitimes tous trois orphelins de mère, Dmitri l'aîné, Ivan le cadet et Aliocha le benjamin, auxquels il faut adjoindre un quatrième, le bâtard Smerdiakov relégué au rang de laquais, sévit le vieux Fiodor Pavlovitch Karamazov. Violent, rusé, avide d'argent et de sexe, impudique, vulgaire et sans principes, il est redouté par ses fils. Affaires d'argent, de morale et de rivalités amoureuses secouent et déchirent cette famille russe de petite noblesse, jusqu'au jour où le père Karamazov est retrouvé assassiné ! C'est Dmitri qui sera arrêté, jugé et condamné pour parricide, quand le coupable est en réalité tout autre et se cache parmi les frères… Car tous ont pu le tuer. Tous, au moins, ont désiré sa mort.

PROPOS

Loin de toute approche didactique ou édifiante de l’œuvre, Sophie Adoue et la Cie un homme s’énerve s’emparent du roman de Dostoïevski au-delà de la narration et de la littérature, dans une approche beaucoup plus iconoclaste que celle de l’habituelle adaptation théâtrale classique… Ici, donc, point de fil rouge dramatique, de psychologie des personnages, de réalisme historique, de distribution unilatérale des rôles. Mais une équipe à la distribution entièrement féminine, une violoniste et quatre comédiennes, entrant en résonnance intuitive avec le roman et sa poétique immanente, pour donner naissance sur scène à une nuée de « figures karamazoviennes », tant masculines que féminines. Ces figures, comme «déplacées» de l’histoire, prendrons vie ici dans une mise en scène des corps et de l’oralité en résonnance intuitive avec les thèmes de l’Enfance blessée et du Parricide, deux thèmes majeurs, si intrinsèquement liés, au cœur du roman de Dostoïevski…

DÉMARCHE DE LA COMPAGNIE

Naissance : 2016
Résistant envers et contre tout à l’engrenage de la fabrication de spectacles, la Cie un homme s’énerve place au cœur de son processus de création le temps de la recherche et de l’expérimentation. Faisant l’expérience de sa propre liberté, elle emprunte ainsi des chemins de traverse pour proposer des espaces d’imagination, de rêverie, d’inattendu formel et dramaturgique, d’expérience contemplative radicale…

BIO(S)

SOPHIE ADOUE 

Conception et mise en scène. Sophie Adoue, comédienne et metteure en scène, étudie les Arts du spectacle à l’Université Michel de Montaigne à Bordeaux.
Après l’obtention d’une maîtrise, elle continue de se former au jeu et à la direction d’acteur en intégrant la formation professionnelle Vers un acteur pluriel du Théâtre 2 l’acte à Toulouse. Elle s’y confronte à une approche contemporaine du jeu d’acteur, ainsi qu’à la notion d’écriture de plateau. Elle complète cette formation par des cours particuliers de Lecture en jeu auprès de Jean-Yves Michaux, acteur dans les création de Valère Novarina.
Afin d’approfondir les fondamentaux du jeu d’acteur, elle poursuit sa formation en intégrant la formation professionnelle Présences d’acteurs du Théâtre le Hangar (Toulouse), dans laquelle une place prépondérante est accordée au travail du corps et à l’acte de « dire ».
Elle travaille alors comme comédienne interprète pour différentes compagnies de la région toulousaine : Cie Alter Artes, La troupe des Schlingués, Cie Iatus, Cie Monsieur,Madame…
Sous le pseudonyme d’Anska Gluck, elle co-fonde et co-anime en 2015 avec Arnaud Romet de la Cie Iatus, Hungerr Dong, une émission radiophonique de création sonore « poético-libertaire-dadaiste-expérimentale à vocation contre-culturelle », diffusée sur Canal Sud en 2015 et 2016, et pour laquelle elle crée diverses pièces sonores.
Fascinée par la question du corps et de la parole dans la représentation contemporaine, elle développe, loin de toute approche psychologique, une vision de l’acteur conscient des enjeux dramaturgiques de sa seule présence en scène, sensible au présent et (res)source intarissable d’humanité. En 2016, elle fonde la Cie un homme s’énerve et lance le projet « Expérimentation Karamazov(s) ».
Elle propose également depuis 2019 un atelier de formation et d’entraînement de l’acteur s’adressant aux jeunes comédiens en voie de professionnalisation: L’acteur conscient, espace de création théâtrale.

 

LAETITIA BOYAULT

Interprétation, Direction du travail vocal et du Chant choral. Lætitia Boyault étudie les Arts du spectacle à l’Université de Besançon tout en intégrant le Conservatoire d’Art dramatique. Elle y explore différentes techniques : théâtre Nô, opéra chinois, masques balinais, commedia dell’arte, théâtre indien… Elle effectue également des stages au Centre Dramatique National (jeu, marionnette).
En 2010, elle intègre la formation professionnelle Vers un acteur pluriel du Théâtre 2 l’Acte à Toulouse, dirigée par Michel Mathieu. Elle y rencontre Sophie Adoue, comédienne, avec laquelle elle entame un travail de recherche sur la parole au Théâtre comme source d’énergie dramatique, et ce à partir du roman « Les frères Karamazov » de Dostoïevski. Cette exploration pratique est en lien avec sa recherche théorique sur la question de la voix et ses potentiels dans l’Art dramatique.
Elle choisit alors de poursuivre sa recherche sur la voix de l’acteur et entame un Doctorat à l’Université de Nice Antisophia. Elle est invitée en 2017 à intervenir lors d’un colloque international à Paris sur le thème de la voix au théâtre : « L’écho du Théâtre, dynamiques et construction de la mémoire phonique du 20ème et 21ème siècle ».
Elle se professionnalise comme directrice du travail vocal pour diverses compagnies théâtrales ou comme coach individuel pour comédiens et comédiennes. Chargée de cours en licence Art de la scène à l’Université de Lille 3, elle commence alors à jouer pour France Radio.
Elle crée comme interprète et metteure en scène le solo « La chute de la Maison Usher », d’après la nouvelle éponyme d’Edgar Allan Poe, crée en octobre 2019 à la Cave Poésie René-Gouzenne dans le cadre du cycle «Edgar Poe, Histoires extraordinaires», en multiple partenariat avec la Cinémathèque de Toulouse, le Théâtre Garonne etc.
Elle propose depuis 2019, en binôme avec Sophie Adoue, un atelier de création théâtrale, de formation et d’entraînement de l’acteur s’adressant aux jeunes comédiens en voie de professionnalisation.
Elle anime en parallèle plusieurs stages collectifs sur les techniques vocales de l’acteur et assure en 2020 le module de travail vocal au sein de la formation professionnelle L’acteur présent au théâtre Le Ring à Toulouse.

 

YASMINA BENJELLOUN

Interprétation. Danseuse diplômée de l’Institut Pédagogique des Arts Chorégraphiques de Paris, elle intègre à l’issue de sa formation la Cie Ad’hoc de Sadok Kéchanna, avec laquelle elle remporte le prix d’interprétation au concours Volinine (1994) qui a pour but de promouvoir la création chorégraphique et de révéler les chorégraphes émergents.
Elle danse dans deux célèbres Ballets-théâtre du chorégraphe marocain Lahcen Zinoun  : « Flagrant Délire » (1991) puis « Adonis » (1997), avec lesquels elle tourne à l’international.
En 1999, elle crée avec Céline Huart, danseuse et thérapeute, et Anne Cornélis, danseuse classique, le Collectif Trilogue. Chacune signe une pièce courte, « Rêves à vif », «  Les passants » et « Phéromone ».
En 2001, Mathilde Monnier, directrice du Centre chorégraphique national de Montpellier puis du Centre national de la danse à Pantin, soutient sa première création en tant que chorégraphe : « Les Patentés », un duo qui aborde la question de l’incommunicabilité.
Elle collabore alors avec la Compagnie Anania et le chorégraphe Taoufiq Izeddiou, dans « Finek’nti ». Elle participe aux Rencontres de la Danse menées par Fatou Traoré et conclues par la création « Co…ïncidence » réalisée en collaboration avec l’Institut Français dans la cathédrale de Casablanca.
En 2011, après plusieurs formations auprès de Tania Kraus (Feldenkrais) et Sumako Koseki (Buto) en Avignon, elle intègre le projet « Hotel Mundo » avec le collectif Skappa! à Marseille.
En 2014, elle crée Ara tara (« je vois, tu vois » en arabe), une compagnie qui a pour volonté de questionner les corps à travers leurs singularités.
Enfin, en 2017, elle se tourne vers le théâtre et se forme au jeu d ‘acteur. Elle rencontre la Compagnie un homme s’énerve, alors en résidence sur sa création « Expérimentation Karamazov(s) », et rejoint l’aventure comme comédienne interprète.

 

LAURIE MONTAMAT

Interprétation. Laurie Montamat se forme au jeu d’acteur au Conservatoire Régional de Toulouse en section Art dramatique, sous la direction de Pascal Papini et Francis Azéma. Elle obtient par la suite une Licence d’études théâtrales à l’Université Toulouse Jean-Jaurès, puis intègre les formations Présences d’acteurs (Théâtre le Hangar) et Vers un acteur pluriel (Théâtre 2 l’acte).
Initiée à la « poésie d’action » par le poète toulousain Serge Pey, elle développe un intérêt particulier pour les formes performatives et intègre en tant que performeuse l’équipe du Nuage en pantalon, festival de poésie sonore, performance et poésie d’action (Cave Poésie René-Gouzenne). Elle réalise notamment sa première performance dans le cadre Printemps de Septembre aux Abattoirs de Toulouse.
En parallèle, elle travaille comme artiste interprète pour différentes compagnies toulousaines et entretient une collaboration privilégiée avec trois d’entre elles : la Cie Acmé, Aphélie Cie et la Cie un homme s’énerve.
Depuis 2017, elle s’engage également sur la voie de la transmission en tant qu’artiste associée au sein du projet THEA, action nationale d’éducation artistique conçue et mise en œuvre par l’Office Central de la Coopération à l’école, ainsi qu’auprès de la Cie Mots à Maux, travaillant à un théâtre de préventions.

 

LILI PAYRÉ 

Interprétation. Lili Payré, jeune comédienne de 22 ans, s’initie au jeu d’acteur durant ses années de lycée en suivant l’option Théâtre d’un Baccalauréat Littéraire. Elle intègre par la suite l’Université Toulouse Jean Jaurès et obtient une Licence Communication et Arts du spectacle. Durant ces années universitaires, elle rejoint en tant qu’interprète un projet portée par Julie Pichavant (Zart Cie) autour de l’oeuvre du cinéaste Rainer Werner Fassbinder. .
Elle poursuit sa formation de comédienne au Théâtre du Jour-Pierre Debauche (Agen), puis intègre la formation professionnelle Présences d’acteurs du Théâtre le Hangar (Toulouse), grâce à laquelle elle développe une approche plus intuitive, sensible et corporelle du plateau. Elle suit en parallèle les formations privées de Nathalie Nauzes (Quad et cie), de Lise Avignon, et de Nicole Garreta.
En 2020, elle interprète Hémon dans « Antigone(s) », mis en scène par Nathalie Nauzes au Théâtre Garonne-Scène européenne, à partir du roman de Henry Bauchau.
La même année, elle rencontre la Cie un homme s’énerve et intègre la distribution féminine de « Expérimentation Karamazov(s) ».

 

LUCIE LARICQ

Violon, Composition et interprétation. Violoniste formée aux Conservatoires de Musique de Lille et d’Orléans, Lucie Laricq intègre la classe d’improvisation musicale du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (dirigée par Alexandros Markeas et Vincent Lê Quang) puis la Formation Supérieure aux Métiers du Son.
Elle travaille alors comme interprète et compositrice pour diverses formations musicales, et comme ingénieure sonore sur la scène française et étrangère pour Joël Pommerat (Bruxelles), le Banff Center for the Arts (Canada), la chanteuse Camille, la danseuse Marlène Rostaing, le Festival Hagenfesten (Suède), l’Onde et Cybèle (Théâtre des Bouffes du Nord), la Cité de la Musique-Philharmonie de Paris, le Collectif Coax, l’IRCAM Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Centre Pompidou)…

 

FABIEN LE PRIEULT 

Création Lumière, Photographie. Fabien Le Prieult se forme à la création lumière, à la régie générale et à la régie plateau auprès d’Alberto Burnichon, issu du Théâtre du Radeau et actuel régisseur technique au Théâtre Garonne.
Il crée les lumières pour les créations de diverses compagnies : Quad Cie (« Antigone(s) », création Théâtre Garonne 2020), K-Danse, le Théâtre 2 l’acte, le Cornet à dé, le Théâtre au Présent, la Troupe des Shlingués, Cie Cristal Palace…
Également photographe professionnel spécialisé dans le spectacle vivant, il réalise les visuels de diverses personnalités: Isabelle Lucioni, Nathalie Nauzes, Jean-Marc Matos, Nathalie Owel, Marcelino B.Valliente, Jean-Yves Michaux, Michel Mathieu, Lydie Parisse, Céline Astrié, Julie Pichavant, Sabrina Ahmed, Arnaud Romet, etc.
Il travaille comme régisseur au Théâtre le Ring (2015-2017), puis comme régisseur général au Théâtre le Hangar depuis janvier 2018.

Distribution

D’après le roman de Dostoïevski « Les frères Karamazov »
Dans la traduction d’André Markowicz
Éditions Actes Sud

Conception, mise en scène et direction d’acteur : Sophie Adoue
Jeu : Yasmina Benjelloun, Laetitia Boyault, Laurie Montamat, Lili Payré
Violon et création musicale originale : Lucie Laricq
Co-dramaturgie du Récit-miroir : Cécilia Coquillat
Directrice du travail vocal : Laetitia Boyault
Création lumière : Fabien Le Prieult
Crédit photographique : Visages Vagabonds

 

Avec le soutien de : Théâtre Sorano (31), Théâtre Jules (31), Théâtre Le Hangar (31), Ring-Scène périphérique (31), Mix Art Myrys (31), Espace Bonnefoy (31,) La Brique Rouge (31), La Gare aux artistes (31), Le Tracteur (31), Le Pari-Tarbes en scènes (65), Maison Folie Beaulieu (59), Pôle les Bazis (09,) Théâtre le Colombier (81)

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