retour

GRADIVA

Compagnie Rediviva

Danse   

 

Résidence

  • 16/09/2021 → 22/09/2021
 
  
  

Cette création a pour horizon une interrogation sur le féminin, pour centre l’exploration du flamenco, et pour médium la figure de Gradiva, bas-relief antique représentant une femme en train de marcher, mis en lumière au XXème s. par la nouvelle de Jensen, l’analyse de Freud et la peinture des surréalistes.

Propos

En découdre avec le flamenco, telle a été ma quête durant de longues années. En découdre avec la fascination, l’aimantation, l’électrification qu’il produisait en moi, et sur le public. En découdre avec le fantasme, l’hallucination et l’image.
La tâche était ardue tant les liens physiques, biographiques et psychiques qui me liaient à cet art étaient nombreux, noués, tressés, entrelacés et composaient finalement la trame de mon propre être femme. J’ai souhaité pour cela me confronter au plus emblématique accessoire de la plus pulsionnelle des danses : la robe, porte d’entrée pour la danseuse comme pour le spectateur, d’un univers où tout se tend, se cache, se masque et s’érotise.
Après le long et profond travail que j’ai mené dans la pièce « Questcequetudeviens? » dans laquelle Aurélien Bory, metteur en scène, ami, peignait mon portrait et à travers lui, celui de mon lien à la danse, c’est un glissement qui m’amène à dire « je », « je vois », « je suis », « je dis ». Quelle toile tisse le flamenco, comment l’aimer et s’en libérer ? Que nous dit-il du féminin pris dans ses filets, véritable espace de projection des désirs et du regard masculin et féminin ?
Le flamenco, c’est Gradiva. C’est cette figure de marbre, immobile et pourtant en marche, qui fascine. C’est le mystère de cette figure qui n’existe qu’à travers son action. C’est la grâce de cette femme qui cristallise dans sa démarche une conjugaison du féminin et du masculin, d’Eros et de Thanatos.
Je veux exhumer ce corps des cendres et avec la précision de l’archéologue, en sonder chaque parcelle.
Comprendre la mécanique de son mouvement, dépecer ses mystères.

La compagnie

L’Association « Compagnie Stéphanie Fuster » a été créée en 2008. Elle a pour but de soutenir le développement de projets chorégraphiques et musicaux en lien avec le flamenco. Elle a ainsi porté les spectacles Odisea (2013) et Andanzas (2015). Elle est accueillie dans les locaux de la Fábrica Flamenca à Toulouse, permettant un dialogue constant entre création, formation et diffusion.

Bio

Stéphanie Fuster est danseuse de flamenco, chorégraphe, interprète et pédagogue. Son travail s’attache à définir le geste flamenco, expressif, pulsionnel, rythmique, et à interroger ses résonances sur les plans identitaires et imaginaires.
D’abord élève d’Isabel Soler à Toulouse, elle part ensuite se former à Séville, berceau du flamenco, grâce à
la bourse d’études supérieures chorégraphiques du Ministère de la Culture. Elle y approfondit sa pratique pendant huit ans, auprès des maîtres de cet art, dans les tablaos et les compagnies sévillanes.
Elle a dansé notamment pour Israel Galván (Bienal de Sevilla, Orange County Festival) et Juan Carlos Lérida, deux chorégraphes qui ont marqué durablement son parcours. De retour en France, elle fonde à Toulouse La Fábrica Flamenca, espace dédié à la formation et à la création flamenca, où elle a formé de nombreuses danseuses devenues professionnelles.
Elle chorégraphie El Divan du Tamarit de F.G Lorca
en 2006. Aurélien Bory écrit pour elle en 2008
« Questcequetudeviens? », portrait dansé, nommé
aux Olivier Awards, toujours représenté en France et
à l’étranger (Barbican Londres, Teatro Central Sevilla, National Taichung theater, City Hall Hong Kong, Théâtre des Amandiers Nanterre, Théâtre Monfort Paris, Mercat de les Flors Barcelone, Théâtre Vidy Lausanne,…).
Leur étroite collaboration se poursuit avec « Corps Noir », performance qu’elle réalise pour la première fois en 2016 au Musée Picasso à Paris et dans les opéras « Le Château de Barbe Bleue » de Belá Bartók et « Parsifal » de Richard Wagner au Théâtre du Capitole à Toulouse.
En parallèle, ses rencontres artistiques avec les musiciens José Sanchez, Alberto Garcia, Niño de Elche (Odisea,
2013 ; Andanzas, 2015), Elise Effremov et Gilles Colliard (Partita Flamenca, 2019) l’amènent à parcourir les rapports étroits de la danse et de la musique au sein du flamenco ou dans ses marges, entre silence et saturation. Elle participe régulièrement à des improvisations notamment pour le CHU de Toulouse, afin de tisser un langage là où les mots ont déserté les corps pour dire les mouvements de l’âme.
Sa réflexion sur le flamenco se nourrit aujourd’hui d’apports pluridisciplinaires (psychanalyse, droit, philosophie) qui lui permettent de poursuivre son entreprise de déconstruction/réappropriation de cet art, sous des angles nouveaux, comme celui de la norme, du rituel et du rapport au sacré.

Distribution

Chorégraphie, mise en scène et interprétation : Stéphanie Fuster
Conseil artistique : Fanny de Chaillé
Conseil dramaturgique : Clémence Coconnier Conseil danse : Juan Carlos Lerida
Création sonore : José Sanchez
Direction technique et création lumière : Arno Veyrat Costumes : Aurore Thibout

 

Production : Compagnie Rediviva
Coproduction : La Place de la danse – CDCN Toulouse Occitanie, Théâtre Saint Quentin en Yvelines, Scène nationale, Théâtre Garonne – Scène européenne – Toulouse, L’Astrada – Marciac, Théâtre Molière, Scène nationale Archipel de Thau, Le Parvis, scène nationale Tarbes Pyrénées / GIE FONDOC, Compagnie 111 – Aurélien Bory / La Nouvelle Digue, La Fábrica Flamenca,
Accueil en résidence : Ring – scène périphérique, Toulouse Soutiens : DRAC – Occitanie, Région Occitanie / Pyrénées- Méditérranée, en cours

©Ida Jakobs
retour