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LES FILLES DE MONROE

Compagnie Les Arquelins

◖Cycle de lectures

 

09.06.2022 → 09.06.2022

Spectacle

  • 9 juin : 21h00
 

Antoine Volodine sera présent en tant que porte-parole de l’auteure.

  

Durée : 50 minutes

– Nous avons toutes les raisons de penser que tu as lu le dernier fascicule d’Antoine Volodine, alors, de quoi ça cause? Ne te défile pas, Breton, pas la peine d’essayer de nous faire croire que ton statut de sous-homme à identité floue guenillant dans notre cité psychiatrique t’exempte de répondre, que je sache, tu es encore sensible aux coups... J’ai des renseignements sur toi, ils sont pas bons. Le Parti s’est penché sur tes antécédents, il t’examine de près. Ton dossier est exécrable. Donc, qui sont ces Filles de Monroe ? – De quelles filles que vous parlez ? – On peut te faire regretter d’être encore en vie, tu sais... Ça raconte quoi ce truc, et d’où il sort le Monroe ? – Peux pas répondre si vous m’appuyez sur la carotide... Connais aucune fille ici... – Breton, tu es membre de quelle section du Parti ? – Sais plus... les Samouraïs prolétariens ou peut-être les Libertaires de l’Incarnation ? Il pleut presque sans cesse dans la vaste cité psychiatrique isolée de tout. Le long des rues obscures, entre les vieux bâtiments errent infirmiers, malades et policiers ainsi que d’autres créatures au statut incertain. Le pouvoir médical et politique continue à s’exercer sur les hospitalisés de basse catégorie et bien que rusant et mentant en permanence, malades et morts obéissent. Antoine Volodine pensait avoir pris beaucoup d’avance sur le monde d’avant et voici que celui d’après est en voie de le rattraper. Reste l’humour, le dernier rempart à l’abri duquel le désastre en cours ressemble à une comédie. Lecture d’extraits de Les Filles de Monroe de Manuela Draeger, L’OLIVIER, 2021

Préambule

Le post-exotisme est un genre littéraire que recouvre intégralement l’œuvre d’Antoine Volodine et de trois autres écrivains imaginaires dont Antoine Volodine est le porte-parole : Lutz Bassmann, Manuela Draeger et Elli Kronauer. À ce jour cet ensemble étrange est fort de 44 titres publiés dans plusieurs maisons d’édition, Denoël, Minuit, Gallimard et le Seuil pour le premier, Verdier, l’Olivier et l’École des loisirs pour les autres.
Le terme « post-exotisme » a été forgé par Antoine Volodine, comme une plaisanterie en réponse à une question d’un journaliste qui lui demandait quel genre de littérature il écrivait. Ensuite il a réalisé la pertinence de ce terme et l’a conservé pour définir son œuvre et celle des autres écrivains de cette école.
Nous n’allons pas tenter ici une définition du post-exotisme, nous préfèrerons qu’il se découvre grâce au cycle de lectures que nous nous proposons de réaliser. On dira simplement qu’il s’agit
• d’une littérature sans référence spatio-temporelle et pourtant totalement contemporaine et majoritairement terrestre ;
• d’une « littérature étrangère écrite en français » ;
• d’une littérature qui prend acte de la longue série des échecs qu’ont connus les tentatives d’instauration de sociétés fraternelles et égalitaires ;
• d’une littérature suggérant un refuge et un apaisement dans une forme d’humour du désespoir ainsi que dans
la « fréquentation du néant » ;
• d’une littérature dont la poésie s’ancre dans le sentiment d’une nature sereine, éternelle et indifférente aux aléas humains.

Le projet

Un cycle de lectures (entre 11 et 14, programme achevé fin août) d’environ une heure, chacune met en avant un aspect, un thème, un « moment » extraits de l’un des 44 livres post-exotiques déjà publiés ;
• sur scène, une lectrice, un lecteur et un violoncelliste ;
• une quatrième personne pour une brève présentation préalable, puis, dans l’optique d’un éventuel débat, sa modération ;
• sur la couleur de ces lectures : pas de scénographie, pas d’interprétation théâtralisée, pas d’incarnation des personnages, mais
un texte porté en lecture, articulé, rythmé, sujet à une expression modérée. Ne pas dépasser le texte, ne pas non plus se cacher derrière. L’accompagnement au violoncelle est conçu à la façon de la basse continue dans la musique baroque, tandis que les voix en sont le chant, tour à tour aria et récitatif, dans une ambiance suggérant des figures dansées : sarabande, chaconne, gigue, pavane, bourrée, etc. sans oublier des tempi contemporains, venus du rock, du jazz ou de la world ;
• l’œuvre des post-exotiques a trouvé une déclinaison vers le jeune public (collégiens et au-delà). Seize livres ont été publiés aux éditions l’École des loisirs, par Elli Kronauer d’une part et Manuela Draeger d’autre part. Le monde post-exotique y a perdu tout côté inquiétant ou désespérant et ils n’en ont conservé que l’humour, la poésie, et quelque chose de passablement farfelu. Nous comptons inclure dans le cycle un épisode venu de ces ouvrages ; il aura lieu à la médiathèque Cabanis.
• nous réalisons un dépliant de 8 volets (16 pages) détaillant le calendrier, les lieux, les thèmes, le contenu, il est tiré à 6 000 ex. et sort des presses en septembre. On y apposera l’identité graphique des partenaires.

Distribution

Antoine Volodine, auteur et porte parole du post-exotisme
Lecture par Isabelle Audiot et Gilles Flachenberg, accompagnés par Joël Sitbon (viole de gambe) Coordination par Joël Bertrand
Production : Cie Les Arquelins
Soutien : Occitanie Livre et Lecture, Toulouse Métropole

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