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NOCES DE VERS

  • Yann Marussich
  • Kamil Guenatri

Performance   

 

Résidence

  • 01/03/2021 → 10/03/2021
  • 24/05/2021 → 29/05/2021
 
  
  

« Il est question d’un rituel. Il pourrait bien s’agir d’un mariage. Un mariage étrange et improbable. Un mariage hors société. Un mariage cruel. Un mariage hors du temps. Un mariage de corps immobiles. Un mariage d’êtres humains. Un mariage hors religion. Un mariage antisocial. Entre quelqu’un de valide et quelqu’un d’invalide. Entre Yann Marussich et Kamil Guenatri. Yann pèse 68 kilos et Kamil 31 kilos. Il n’y a aucune pitié à avoir. La pitié est une forme de pouvoir sur l’autre, en se croyant supérieur à ce qu’il y a en face de nous et qui nous dérange. Personne n’est supérieur. Il y a certes la critique de ce qui nous régit en termes de normes, mais d’abord il y a une certaine poésie qui dépasse les limites trop vite consenties par soumission ou par habitude du confort. La poésie des corps est tolérance et acceptation. La poésie est une leçon d’ouverture et de disponibilité ». Yann Marussich

Propos

« Il est question d’un rituel. Il pourrait bien s’agir d’un mariage. Un mariage étrange et improbable. Un mariage hors société. Un mariage cruel. Un mariage hors du temps. Un mariage de corps immobiles. Un mariage d’êtres humains. Un mariage hors religion. Un mariage antisocial. Entre quelqu’un de valide et quelqu’un d’invalide. Entre Yann Marussich et Kamil Guenatri. Yann pèse 68 kilos et Kamil 31 kilos. Il n’y a aucune pitié à avoir. La pitié est une forme de pouvoir sur l’autre, en se croyant supérieur à ce qu’il y a en face de nous et qui nous dérange. Personne n’est supérieur. Il y a certes la critique de ce qui nous régit en termes de normes, mais d’abord il y a une certaine poésie qui dépasse les limites trop vite consenties par soumission ou par habitude du confort. La poésie des corps est tolérance et acceptation. La poésie est une leçon d’ouverture et de disponibilité. Nos deux corps réunis posent des problèmes à résoudre. Dans le fond, ce sont de faux problèmes qui se posent. Nous célébrons simplement une rencontre que nous transformons en rite poétique. Que peut-on faire de mieux aujourd’hui que de rencontrer ? Aller à la rencontre de. Découvrir. Partager. Il sera aussi question de manger des insectes. Cela fait partie du rituel. Une sorte d’initiation, et il faut être clair, une initiation à ce qui nous attend d’ici cinquante ans. Mais ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est : partager. Le rituel est une forme que nous aimons partager avec un public vivant et devant nous. Il n’y a rien de religieux ». Yann Marussich

Le triptyque

Le triptyque

« Le choix du triptyque relève d’une nécessité́ : Kamil Guenatri ne peut pas trop pousser son corps plus d’une performance avec déplacement et enlèvement de son corset. C’est une limite vitale pour lui. Le triptyque permet un développement dans le temps qui respecte le rythme de Kamil Guenatri, sa temporalité́ – totalement différente de la nôtre. Pour une fois, nous proposons de nous adapter nous à son rythme. Le choix du triptyque est aussi lié au fait que nous ne souhaitons pas refaire la même performance plus d’une fois. Les trois parties du triptyque sont indépendantes les unes des autres, il est donc tout à fait possible de voir, par exemple, le volet n°2 sans avoir vu le volet n°1 ». Yann Marussich

 

1er volet : L’acceptation du mariage
« Il se peut que ce soit un mariage entre deux êtres hybrides, il se peut que le rituel soit très sobre et qu’il soit très lent, pas long mais lent. Le rituel ne durera pas plus d’une heure. Au moins c’est clair et c’est la seule chose qui soit sûre de la performance : ça ne sera pas plus long qu’une heure ». Yann Marussich

 

2ème volet : L’acceptation du doute
« C’est à la fois une lecture et à la fois deux corps. [… ] Le texte ouvre un dialogue monocorde, mieux : un monologue sous forme de lettre adressée ou peut être sous forme de journal intime. Enfin ça nage dans l’indéfini et dans l’aveu d’impuissance physique et psychique. Toute explication est vaine et le reste en proie au doute ». Yann Marussich

 

3ème volet : L’acceptation de la mort
« Ici nous sommes moins que des insectes ou plutôt au même niveau reptilien. Nous pourrissons, ils nous font pourrir, les insectes nous aident à pourrir, nous aidons les insectes à naître et renaître. Nous sommes le cycle et nous sommes abandonnés au cycle de la vie par la force des choses de la vie. Chacun peut voir ce qui l’attend à moins de vouloir mourir par le feu, par l’explosion, par la noyade, par la pendaison, par que sais-je encore, par le travail ou encore par accident. En attendant on dit qu’il faut distraire les gens nous artistes nous devons créer de la distraction vous savez ce que j’en fais de la distraction » ? Yann Marussich

BIO(S)

YANN MARUSSICH

Né en 1966 à Genève, Yann Marussich est un personnage à part dans la danse contemporaine et la performance. « Écorché, déroutant, provocant, authentique », il nous livre des performances dont on ne ressort pas tout à fait indemne. Danseur de formation, Yann Marussich évolue en tant que danseur dans plusieurs ballets et compagnies françaises entre 1983 et 1988 (ballet Ludécher ; Compagnie Vocalise Danse Théâtre ; Compagnie Dominique Petit). En parallèle, il s’intéresse à une autre philosophie du corps, plus orientale : les arts martiaux. En 1989, il gagne la coupe de France de Viet Vo Dao, art martial vietnamien. La même année, il rejoint la compagnie Vertical Danse, dirigée par Noemi Lapzeson.
Dès 1989, il signe ses propres pièces et débute une carrière internationale en tant que danseur et performeur. De 1993 à 2000, il évolue parallèlement dans le domaine de la programmation artistique en tant que directeur du Théâtre de l’Usine (Genève), où il programme de la danse contemporaine et plus spécifiquement, des nouvelles formes d’expression. Il fonde également l’ADC-Studio (Maison des Arts du Grütli, Genève) en 1993 et assure sa programmation artistique de 1993 à 1998. Depuis 2000, Yann Marussich se consacre exclusivement à la performance. En 2001, il signe Bleu provisoire, sa première pièce totalement immobile. Dès lors, il se concentre sur l’introspection et la maîtrise de l’immobilité tout en confrontant son corps à diverses sollicitations, voire agressions, dans le cadre de ses performances : Autoportrait dans une fourmilière (2003), Morsures (2004), Traversée (2004), Blessure (2005), Soif (2005), Verre de nuit (2006), Nuit de verre (2007), Bleu Remix (2007), Brisures (2009), Ex-pression (2009), Bain Brisé (2010), L’œuf du serpent (2011), L’Arbre aux clous (2011), Glassed (2011), Hyphos (2012), Crash (2012), Rideau ! (2014), Blanc et la Chaise (2015), Agokwa (2016), Frictions 1,2,3 (2016), et bien d’autres encore. Il reçoit, en 2008, le prix Ars Electronica dans la catégorie Hybrid Art avec la performance Bleu Remix. Pour la saison 2010-2011, il est associé au Théâtre du Grütli. En novembre 2017, Yann Marussich présente12 minutes et 34 secondes pour battre la brèche au Théâtre du Galpon. Cette performance marque le début de son cycle de travail autour du béton, dans lequel s’inscrivent également Le festin du béton (présenté en décembre 2017 à La Gravière, Genève), El cubo (créé en 2019 dans le cadre d’une résidence à Montevideo, Uruguay) et Le toucher (2020, Grütli, Genève). A cette occasion, l’artiste se coule littéralement dans du béton. En parallèle, Yann Marussich développe également L’Homme-Béton, qui est un projet transversal : performances (Concrete Walk, 2018), vidéos-performances, écriture, dessins. En décembre 2019, il reçoit le prix de résidence artistique du CERN Collide Genève. Cette résidence lui offre trois mois de travail au CERN pendant l’année 2020 pour approfondir sa recherche artistique. Artiste pluriel, Yann Marussich se dédie également à l’écriture et au dessin. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages : « la chambre du visage » (1998), « Lunes indiennes » (2010), « Notes d’inemploi (de la performance) » (2012), « Experience of immobility » (2015), « Le festin du béton » (2017), « Poèmes passés à la bétonneuse » (2018), « Le sceptre de l’homme-béton est une pelle à neige rouge à moitié rouillée » (2019). En parallèle à ses activités de création, Yann Marussich anime régulièrement des workshops et des conférences. Il est notamment invité, en février 2017, à Namur, pour tenir un Ted Talk sur l’immobilité. Depuis 2011, Yann Marussich est conventionné par le Département de la culture et le Fonds d’Art Contemporain (FMAC) de la Ville de Genève.

 

KAMIL GUENATRI

Né le 2 février 1984 en Algérie. Il vit à Alger jusqu’à l’âge de 17 ans puis emménage en France à Toulouse, pour poursuivre des études supérieures en mathématiques et informatique. En 2007, il obitent un master en ingénierie des systèmes informatiques à l’Université Paul Sabatier. Il travaille alors dans plusieurs entreprises en tant qu’ingénieur informatique. En parallèle, il développe une passion pour la littérature et l’art performance. En 2009, il intègre, à l’Université du Mirail, l’atelier d’écriture contemporaine et de performance animé par Serge Pey. En 2011, il publie son premier recueil de nouvelles « Deux ans, deux visions » aux éditions R.R Ecritures. Depuis 2010, il crée et présente en France de nombreuses actions notamment au Fond Régional d’Art Contemporain – Les Abattoirs – à Toulouse. De 2014 à 2016, il présente également des ac- tions et travaux à l’étranger, notamment à la plateforme internationale « Month of Performance Art » à Berlin ainsi que dans différents festivals internationaux de performance en Espagne, Angleterre et République Tchèque. Il réalise en parallèle un cycle de performance dans différentes galeries en Pologne, notamment à la Galerie Nationale d’Art à Sopot, où est conservée dans les collections une trace sculpturale d’une action. En mai 2016, il présente une série de photos issues de perfor- mances lors de la biennale internationale de performance à Bogota en Colombie. Kamil Guenatri développe aussi une activité d’enseignement de la performance : entre 2011 et 2013, au CIAM (Université de Toulouse le Mirail) au sein de l’atelier de poésie et performance et en 2013/2014, dans le Tarn, auprès de jeunes collégiens dans le cadre de programmes d’éducation artistique en milieu scolaire. 

Distribution

Concept et interprétation : Yann Marussich & Kamil Guenatri

Bande sonore : Léo Marussich

Chargée de production : Claire Félix

Chargées de communication : Pauline Décaillet et Léonore Friedli

Administration / Comptabilité : Nathalie Wenger

Régisseur : Léo Marussich

Costumes : Marie Bajenova

Photographies : Sarah Maitrot

 

Une coproduction : Perceuse Productions Scènes, Kamil Guenatri, ADC (Association pour la danse contemporaine)

Avec le soutien du Service Culturel de la Ville de Genève (SEC) – Département de la culture et de la transition numérique, Pro Helvetia, Fondation Leenaards, Fondation Ernst Göhner, Pro Infirmis ainsi que le soutien logistique de Löwenstein Medical
Accueil en résidence : RING – Scène Périphérique, Out of the Box – Biennale des Arts inclusifs

©Sarah Maitrot
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