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RITES & RÔLES

Cie Celui qui dit qui est

Danse    Performance    Théâtre   

 

26.09.2021 → 26.09.2021

Sortie de résidence

  • dimanche 26 septembre : 16h00
 
  
  

Durée : 4H

Deux pièces se faisant écho dans le volet de recherche de la compagnie  «chacun cherche sa place». Des humains, des corps, des identités, des groupes et des solitudes, oeuvrent collectivement. Des intériorité qui disent, se frottent avec grâce, timidité ou honte sur un terrain de jeu laissé libre à l’écriture de plateau. D’identité et appartenance, d’exil en liesse, d’instant suspendu à fulgurance collective. Le public est invité à rêver avec nous cet espace-temps à partir de deux angles de vue qui se connaissent bien : danse et théâtre ; et qui se laissent avec engouement traverser l’un par l’autre.

PROPOS RITES

Qu’est-ce qu’on fait avec les rites ? Absurdes qu’on sait même plus d’où qu’ils viennent mais on les perpétue et on perpétue le fait de les perpétuer. Y’en a plein qui font peur. Qui font rire. Qui font un émoi. Qui glacent. Ça y’en a beaucoup qui glacent mais le pire ce n’est pas encore ça : le vrai pire c’est ceux qui obligent. Ceux qui disent sans savoir pourquoi « c’est comme ça sinon c’est le ciel qui tombera sur ta tête ». Autorité arbitraire. De ce qui se transmet depuis si longtemps qu’on ne sait plus qui l’a inventé. Alors on continue, et même si on se rebiffe on continue, et même si on veut se libérer on continue, et même si on manifeste on continue. C’est plus long que ça, comme fil à débobiner tout entier ou rembobiner tout entier. Ça ne casse jamais. Rarement. On ne sait pas trop. Evidemment les fois où ça a cassé, on n’a plus rien pour s’en souvenir. Des écrits, des langues oubliées, des peuples d’un avant  qu’on ne comprend plus comme des extra-terrestres. Extra-temporestres. On dirait quand même qu’il y a des petits fils et des trèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèès loooooooooooooooooooooooooooooooooooongs fils. Les petits souvent sont un peu jolis, touchants, ils viennent de la grand-mère ou de son arrière-grand-père. Ils viennent peut-être du siècle dernier ou encore celui d’avant. Les longs peuvent contenir quelque beauté mais quelle lourdeur! Quel fardeau. Pour surtout empêcher que le monde d’après ne se souvienne pas assez de celui d’avant. On ne parle pas de l’histoire, de la connaissance, de la mémoire ni de la culture ou d’éducation, tut tut tut. Parlons de ces trucs en plus dont on ne sait pas que faire à part « faire honneur à » on ne sait quoi. On est toujours maladroit – à part les gens qui glacent. Ou ceux qui ont tant de grâce en eux pour ça. Il n’y a pas de règle mais ce qui est intéressant là c’est disgrâce, maladresse mal-adresse : raté! Fêlures malotrus incapables, in-capables : à qui on ne put mettre une cape et autres bavures inopinées ou tentées au sujet de ce qu’on a si bien appris à continuer.

Prenons l’humain comme un bonhomme articulé, prenons un rite en particulier. On y va. On regarde de près. On désocialise, décontextualise, déculturalise. Et on y va on y va on y va : action par action : géométrie de corps, chose qui se fait comme ci, chose qui se fait comme ça. Recette de choses à faire. Mettons 3 actions. On y va elles sont dépiautées, elles sont à nu, dénuées de sens. Qu’est ce qu’on fait ? On réinvente. La même recette sans saveur, on refait autrement, mais on suit la recette-squelette. Pas trop de détail sur la recette ! Le moins possible à vrai dire. L’essentiel. L’essence. Juste : l’action. Ensuite : on réinvente. On imagine un autre rite. Et là ? On se dit aussi qu’on va pas faire ça qu’entre nous et puis quoi encore. On va aussi questionner les autres, multiplier les points de vue, croiser les sentiments : emmêlées les émotions. Autres personnes, autres âges, autres pratiques. On veut pas faire ça tout seul dans notre boîte. On veut confronter, questionner, mettre en branle, être surpris, démunis, hilares, oublier, retrouver, penser à ça on y avait pas pensé, être emportés. On veut dire que chacun est capable de se poser cette question. Dire qu’on a le droit. Que chacun peut rêver de faire des choix entiers, et que surtout il n’est interdit à personne d’essayer.

PROPOS RÔLES

Interroger les frottements qui proviennent de l’incommunicabilité récurrente entre les êtres humains est notre point de départ. C’est cet endroit fragile et malhabile, presque enfantin qui nous intéresse. Vouloir dire ce qui ne se dit pas, vouloir grossir ce qui se cache, vouloir montrer ce qui d’habitude se masque. Saisir les failles secrètes où l’individu se heurte au diktat d’un groupe, d’une masse, d’une norme. Faire parler les muets et leur donner le premier rôle, parce que c’est trop bon. 

Mettre en lumière la subjectivité, comme un bien précieux et non comme un lieu d’empêchement. 

Lui rendre honneur avec tendresse en saisissant les bizzareries, les ombres, le sale, les secrets des trajectoires de gens imaginés/gens inspirés/gens nous-même. Faire parler des points de vue, qui nient qu’une vérité existe. Faire entrevoir des paysages intérieurs comme autant de facettes de compréhension du monde/des autres.

Dans une fabrique de la fiction à vue, les acteurs inventent des images et témoignages que le spectateur peut interpréter librement. Une tentative de déjouer les représentations sociales en jouant avec les registres, l’imaginaire collectif, les clichés, les poncifs de la fiction, les codes du théâtre, les histoires fondatrices qui nous ont bercées. Nous tentons de déjouer les automatismes de pensée pour pousser le regard à s’émanciper de ce qu’il croit connaître. Car c’est ainsi que nous nous hâtons en général de ne pas comprendre l’autre, celui qui n’est pas nous. L’idée étant de déplacer les certitudes, interroger nos automatismes, ne pas ignorer nos instincs animaux, accepter nos faiblesses, ne pas seulement les pleurer mais en rire aussi. Tout ceci dans une jubilation, signe de l’immense amusement de se réprésenter et se voir réprésenter.

Le choix de l’improvisation comme moyen d’écriture est une parade à la glaciation symptomatique de nos natures, de notre culture : là où chaque chose est à sa place et où il est rare (ou difficile) de remettre les cases en cause, nous jouons ici délibérément avec l’invention, la refonte continuelle. Et puis nous souhaitons rendre au spectacle le vivant qui parfois nous manque : le brouillon, l’ennui, le mal joué, le raté sont des bribes qui ne sont pas à jeter parce qu’elles sont la marque d’une matière qui se module et s’invente. Nous souhaitons donner à voir un vrai groupe qui travaille et invente ensemble, un groupe composé de regards et d’approches différentes, qui essaye de se comprendre et de coopérer en agençant les gestes, les paroles, les points de vue. Qui évolue toujours, comme toustes, qui ne se met pas dans un tiroir un jour pour toujours, qui pense que demain on n’est pas pareil. Nous défendons une forme expérimentale qui sera toujours en chantier, en évolution permanente à l’image de la pensée de chacun.e d’entre nous.

DÉMARCHE COMPAGNIE

La Compagnie  Celui qui dit qui est jeune compagnie toulousaine au langage pluriel, est créée en 2018 par Loren et Cecilia Coquillat. Elle est composée d’une vingtaine d’artistes et promeut d’une part la création de spectacles à la lisière du théâtre et de la danse, d’autre part la création d’écritures hybrides entre spectacle / photo, ciné, radio, écriture, micro-édiction.

Toujours questionnant la place de l’art dans la vie et le rapport entre réel/fiction, elle se considère comme un espace de recherche et d’échange. Elle développe divers moyens pour penser la création et la rencontre avec le public : toujours questionnant l’échange, la forme, le rapport au spectateur, les habitudes du spectacle vivant.

La Compagnie Celui qui dit qui est défend la curiosité, le partage, l’expérimentation collective, le questionnement, le goût du jeu, le goût du mouvement, et par dessus tout, la jubilation et l’étrangéité d’être ensemble.

Distribution

RITES
Orchestration : Loren Coquillat

Regard chorégraphique : Charlotte Delcurou

Regard théâtre : Cecilia Coquillat

Lumières : Mallory Duhamel

Motifs : Lou Jelenski

Avec  en alternance : Camilo Sarasa Molina, Charlotte Delcurou, Brice Pomackoto, Elfi Forey, Cecilia Coquillat, Quentin Beaufils, Loren Coquillat, Alexis Tieno, Juliette Glickman.

 

Production : Cie Celui qui dit qui est

Partenariats et accueils en résidence : Mairie de Toulouse – Centre culturel Théâtre des Mazades (31) / Centre culturel Bellegarde (31) / Espace Saint Cyprien (31) / La Vannerie (31) / Maffe (09) / RING – Scène Périphérique (31)

 

RÔLES
Orchestration : Cecilia Coquillat

Corps : Loren Coquillat

Regard : Elfi Forey

Esthétique : Elsa Séguier Faucher

Lumières : Mallory Duhamel

Volumes : Lou Jelenski

Avec en alternance : Quentin Beaufils, Manon Gorra, Lucie Garrigues, Adam Migevant, Elsa Séguier Faucher, Zoé Briau, Eva Dehargues, Camilo Sarasa Molina, Loren Coquillat, Romain Lafon Pachot, Cecilia Coquillat, Elfi Forey, Noëmie Ede Decugis, Alexis Tieno.

 

Musiciences associées Rôles & Rites :

Lola-Ly Canac (Château Forte)

Clément Doumic (Château Forte)

Mathis Kolkoz (Blind Delon)

Jules Cassignol (Jazzboy)

La Lauzeta choeur d’enfants

David Haudrechy & Isdat musiques actuelles

 

Production : Cie Celui qui dit qui est

Partenariats et accueils en résidence : Mairie de Toulouse – Centre culturel Théâtre des Mazades (31) / MJC Croix Daurade (31) / La Brique Rouge (31) / Pavillon Mazar (31) / Espace La Fontaine (31) / La Fée Nadou (34) / La Filature du Mazel (34) / Maffe (09 / La Grange de Limandre (43) / RING – scène périphérique (31)

 

©Charlie Meunier
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